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Ludo Govaerts : «Chaque enfant a le droit de recevoir une aide scolaire de qualité»
L’école en hôpital à l’UZ Leuven est pionnière et visionnaire. Avec une détermination et une obstination inimaginables, l’équipe négocie depuis des années avec le Ministère de l’Enseignement pour améliorer l’accueil scolaire des enfants atteints de maladies chroniques ou de longue durée.
«Ces enfants ne peuvent pas être sanctionnés deux fois» dit le directeur Ludo Govaerts, «une première fois par leur maladie et une seconde fois pour rattraper le retard par rapport à leurs camarades de classe».
L’école de l’hôpital louvaniste possède son propre bâtiment, attaché à l’UZ Gasthuisberg. Le directeur nous en fait faire le tour. L’environnement est totalement différent de celui d’un hôpital et il règne une atmosphère typiquement scolaire : des locaux de classe agréables et fonctionnels, une bibliothèque scolaire, une salle polyvalente… la seule différence réside dans le faible nombre d’élèves par groupes. Cinq enfants maximum par classe, à la charge d'un enseignant. Les enfants ne sont pas en pyjama mais habillés normalement.
Mais commençons par le début, avec un jeune enseignant qui, dans le courant des années 70, est prêt à relever un défi…
Le tout début
Ludo Govaerts : L’hôpital des enfants date de 1975. J’avais terminé alors quelques missions comme surveillant d’étude, lorsque les personnes du service de psychiatrie pédiatrique ont frappé à ma porte, en 1976. Ils cherchaient un enseignant pour leurs jeunes patients. Rapidement le service de pédiatrie fut aussi intéressé. Une approche plus structurée était donc clairement nécessaire. Malheureusement, à ce moment, il n’y avait plus la possibilité de créer de nouvelles écoles dans l’enseignement spécialisé en Flandre. C’est pourquoi 5 personnes furent engagées avec un statut BTK (statut temporaire). Nous travaillions alors en fonction des besoins concrets.
Comment est née l’école alors ?
LG : En 1983 une école BLO (école primaire spécialisée) ferma ses portes à Ypres. De ce fait, nous avions l’opportunité de bénéficier de cet espace pour y établir une plus grande école de type 5. Trois ans plus tard une section maternelle s’est ajoutée, nous avions assez d’élèves dans l’enseignement primaire pour prévoir la création d’une école secondaire.
C’est une véritable école, l’hôpital semble bien loin …
LG : c’était un choix conscient. D’une part les services de l’hôpital sont conçus de manière adaptée aux enfants : les parents peuvent passer la nuit près de leur enfant et ont un droit de visite 24h/24, il y a des salles de jeux sous la surveillance d’une institutrice maternelle ou d’une ergothérapeute, les enfants ne se regroupent pas ensemble en fonction de leur maladie, mais bien de leur âge…
D’autre part, nous mettons l’accent dans notre école en hôpital sur les enfants qui ont vraiment besoin d’un enseignement, en premier lieu, ceux atteints de maladies chroniques ou de longue durée. L’école est en effet, séparée de l’hôpital. Ici les enfants peuvent prendre distance par rapport à leur maladie. Et ici, nous ne sommes pas dérangés par des infirmières ou des visiteurs. Naturellement il y a quelques patients qui ne sont pas en état de quitter leur chambre. Ceux-là reçoivent un enseignement à leur chevet.
Les trois pilliers
Quelles sont pour vous les caractéristiques d’une bonne école en hôpital ?
LG : Notre philosophie repose sur trois piliers.
Le premier pilier, c’est le travail en équipe. Chacun doit être disposé à partager les avantages et les inconvénients et à chercher ensemble la meilleure solution.
Il est important que ce soit l’enseignant le plus adapté qui soit désigné pour l’enfant, en fonction de ses besoins et capacités spécifiques.
Le deuxième pilier constitue une collaboration intensive avec l’école d’origine. Nous nous considérons nous-mêmes comme un passage momentané. Nous tâchons de travailler avec les mêmes méthodes et les mêmes objectifs que l’école d’origine. Quand un enfant quitte l’hôpital, il doit être à même de suivre immédiatement la classe dans son école d’origine.
Le troisième pilier c’est la concertation permanente avec l’équipe soignante. Il y a des expériences à partager dans les deux directions. Pour nous c’est important de savoir de quelle maladie souffre l’enfant, et de connaître ses capacités. Pour l’équipe soignante, il est aussi extrêmement intéressant de savoir comment le jeune patient réagit à une certaine médication, s’il est abattu par exemple.
Notre équipe établit un pont entre l’école d’origine et l’équipe soignante. Nous sommes bien placés parce que nous sommes familiarisés à l’environnement scolaire et hospitalier. Nous parlons les deux langues et comprenons les jargons des métiers.
De combien d’enseignants l’équipe est-elle composée ?
LG : 35 enseignants travaillent ici. Ensuite, il y a aussi 9 volontaires. Une école comme la notre ne peut engager que des régents pour l’enseignement secondaire. Pour certaines matières de l’enseignement supérieur, je pense notamment au latin, aux mathématiques, à l’économie, la chimie, certains licenciés viennent compléter bénévolement l’équipe.
Parvenez-vous à ce que les enfants ne souffrent pas de retard scolaire ?
LG : Nous voulons offrir la même qualité d’enseignement que l’école d’origine. Nos élèves des classes secondaires passent par exemple les mêmes examens que leurs condisciples et sont corrigés par l’enseignant de leur école d’origine. Leurs résultats ne se démentent pas : les taux de réussite de nos patients sont meilleurs que pour la moyenne flamande. Cela a naturellement un rapport avec une prise en charge individuelle, et le respect du rythme de l’élève.
Technologies de l’information et de la communication comme vecteurs de liaison
Il y a des ordinateurs dans chaque local de classe.
Comme matériel didactique ?
LG : Je pense que d’un point de vue TIC, nous sommes en avance en Flandre. L’ordinateur joue un rôle de première importance dans toutes les facettes de notre organisation. Les conseils de classe hebdomadaires sont par exemple tout de suite postés sur le réseau, ainsi, chaque enseignant peut avoir accès au dossier de l’élève. La communication avec l’école d’origine et l’équipe soignante se passe en grande partie par échanges électroniques. Nous collaborons intensivement avec les associations comme Bednet.
L’année passée, vous avez fait parler de vous avec un nouveau projet TIC ?
LG : Oui en effet. Dans l’hôpital, 130 chambres pédiatriques sont pourvues d’un ordinateur avec connexion internet. Ainsi les patients peuvent maintenir le contact avec la maison, leur réseau d’amis et leur école. C’est leur fenêtre sur le monde.
L’internet comporte aussi des risques. Est-ce que les parents trouvent que c’est une bonne initiative ?
Ils n’ont pas de souci à se faire. Les enfants sont accompagnés afin de faire un usage intelligent avec ce media. Les ordinateurs ont été, en outre, prévus avec les filtres nécessaires et leur comportement de surf sur internet peut être toujours être contrôlé. En tous cas, nous n’avons pas encore eu une seule mauvaise expérience.
Transmettre la connaissance
Comment votre site www.ziekenhuischool.be est-il conçu ?
LG : A l’instar d’Hospichild, nous nous rendons compte que les informations utiles pour les parents et les enseignants des enfants malades – et pour les enfants eux-mêmes – sont très éparpillées, parfois complexes et peu transparentes. C’est pourquoi nous proposons notre expertise via le web.
A l’occasion de nos 30 ans d’existence en 2010, en collaboration avec le Davidsfonds, nous rassemblerons notre expérience, dans un livre. Cela deviendra comme une sorte de mode d’emploi et accessoirement, retracera l’histoire de notre école à l’hôpital.
Merci pour cet entretien et beaucoup de succès !
Contact
Ziekenhuisschool UZ Leuven
Ecole libre subsidiée par l’enseignement spéciale de type 5 – maternelles, primaires et enseignement secondaire
Universitaire Ziekenhuizen K.U. Leuven
Herestraat 489
3000 Leuven
016/34 36 62
Directeur
Ludo Govaerts
Tel. 016.34.31.66
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Propos recueillis par Jan Jacobs, Traducteur et Correspondant pour Hospichild.be
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